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‎Kenya : Des Burundais fuient avant la fermeture des commerces étrangers

Des centaines de Burundais se sont précipités lundi à l’ambassade de leur pays à Nairobi pour obtenir des documents de voyage et rentrer au Burundi, après l’annonce par le président kényan William Ruto d’une fermeture des petits commerces gérés par des étrangers.

‎Valises et effets personnels à la main, principalement de jeunes hommes ont formé de longues files d’attente devant la représentation diplomatique burundaise dans la capitale. Beaucoup disent craindre une campagne de répression à la suite des déclarations du chef de l’État kényan. ‎« Il y a tellement de gens qui sont venus ici et nous ne savons pas quand nous recevrons de l’aide. Je ne rentre pas chez moi de mon plein gré. J’ai été contraint de partir », a témoigné Peter Nakumujango, 62 ans.

‎La semaine dernière, William Ruto avait demandé aux autorités de fermer, dès lundi, les petites entreprises exploitées par des commerçants étrangers. Cette décision est intervenue après une rencontre avec des commerçants kényans mobilisés contre les réformes fiscales. ‎Le ministère kényan du Commerce a précisé que la mesure visait les ressortissants étrangers exerçant une activité sans permis de travail.

‎Aucune opération de répression n’était toutefois visible lundi dans les rues de Nairobi. Certains Burundais présents devant leur ambassade ont néanmoins affirmé avoir reçu des menaces de leurs voisins depuis les déclarations du président Ruto.

‎Le Kenya accueille environ 16 000 réfugiés et demandeurs d’asile burundais, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés. Nombre d’entre eux exercent de petites activités commerciales à Nairobi, notamment dans la vente de café et de vêtements de seconde main.

‎L’ambassadeur du Burundi au Kenya ne s’était pas encore exprimé sur la situation. ‎Les détracteurs de William Ruto lui reprochent de faire des ressortissants étrangers des boucs émissaires des difficultés économiques du pays, à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine, pour laquelle il devrait briguer un second mandat.

redacteur3.0

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