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Logistique : Le Maroc muscle ses ports

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement portuaire. Le roi Mohammed VI a présidé une séance de travail consacrée à l’avancement de Nador West Med, dont le premier terminal doit prochainement accueillir ses premiers navires, ainsi qu’au lancement des travaux de Tanger Med 3. À travers ces deux projets d’envergure, le Royaume entend renforcer son rôle de plateforme logistique, industrielle et énergétique entre l’Afrique, l’Europe et les marchés mondiaux.

Le complexe portuaire de Nador West Med a déjà mobilisé 54 milliards de dirhams d’investissements publics et privés, selon le communiqué du Cabinet royal. À terme, ses deux terminaux à conteneurs afficheront une capacité cumulée de 5,3 millions d’EVP (équivalents vingt pieds) par an. Le terminal Est doit accueillir ses premières escales dès la fin du mois d’octobre, tandis que la mise en service du terminal Ouest est prévue en 2027. Le projet comprend également des infrastructures dédiées aux hydrocarbures et un terminal gazier, confirmant sa vocation à devenir un pôle énergétique stratégique.

Au-delà des enjeux commerciaux, Nador West Med porte des ambitions économiques et sociales importantes. À court terme, le complexe devrait générer 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects. La réalisation de ces objectifs dépendra notamment de la montée en puissance des activités portuaires et du développement des connexions ferroviaires et autoroutières.

Tanger Med 3 renforce les ambitions marocaines

Dans le nord du Royaume, le lancement des travaux de Tanger Med 3 marque une nouvelle phase dans l’extension du complexe Tanger Med, référence portuaire à l’échelle africaine. Ce futur terminal doit apporter une capacité supplémentaire de 4,5 millions de conteneurs par an, consolidant la position du port sur les grandes routes du commerce maritime international. La progression simultanée de Nador West Med et de Tanger Med traduit ainsi une volonté de renforcer les capacités portuaires du pays et d’attirer davantage d’investissements dans les activités logistiques, industrielles et énergétiques.

Transformer la puissance portuaire en emplois durables

Avec ces deux projets, le Maroc cherche à conforter son statut de carrefour stratégique des échanges entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. Mais au-delà des capacités de manutention et des infrastructures, le principal défi sera de transformer cet avantage logistique en retombées économiques concrètes. L’intégration des ports aux réseaux de transport, l’implantation d’activités industrielles et le développement des compétences locales seront déterminants pour maximiser les bénéfices de ces investissements, notamment dans les régions du Nord et de l’Oriental. L’enjeu est désormais de faire de cette expansion portuaire un levier durable de croissance et de création d’emplois.

redacteur3.0

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