Près de 1 500 ressortissants birmans détenus dans des centres de rétention en Malaisie doivent être renvoyés ce mardi 29 septembre vers la Birmanie. Parmi eux pourraient figurer des réfugiés rohingyas. Ces expulsions, prévues dans le cadre d’un accord entre Kuala Lumpur et la junte birmane, suscitent de vives inquiétudes au sein des organisations de défense des droits humains.
Quelque 160 organisations de la société civile ont appelé les autorités malaisiennes à suspendre ces renvois. Elles redoutent notamment le sort réservé aux Rohingyas, toujours privés de nationalité en Birmanie et confrontés à une situation sécuritaire particulièrement difficile. « On redoute malheureusement ce qu’ils vont subir en Birmanie », alerte Johanna Chardonnieras, de l’ONG Info Birmanie. Selon elle, les personnes renvoyées pourraient être exposées à la faim, aux recrutements forcés, aux disparitions, aux assassinats et aux actes de torture, dans un pays toujours plongé dans la guerre.
Un « retour volontaire » contesté
L’accord conclu entre les deux pays prévoit le renvoi d’environ 5 000 ressortissants birmans, soit près de la moitié des 10 388 personnes actuellement détenues dans les centres de rétention malaisiens. Les autorités présentent ces retours comme « volontaires ». Toutefois, le nombre exact de Rohingyas concernés par les expulsions du 29 septembre n’a pas été précisé.
Pour les ONG, cette notion de volontariat soulève des interrogations. Les conditions de détention en Malaisie et l’absence de perspective de libération pourraient, selon elles, limiter la liberté réelle de choix des détenus. Les organisations dénoncent également un contexte de montée des discours hostiles aux Rohingyas en Malaisie. Selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), environ 126 000 Rohingyas sont enregistrés dans le pays, soit près de 0,4 % de la population malaisienne.