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Mauritanie : Le primaire privé progressivement supprimé

‎À quelques jours de la rentrée scolaire, prévue lundi 5 octobre, la réforme de l’enseignement primaire en Mauritanie continue de susciter de vives réactions dans le secteur privé. Après la suppression des première et deuxième années, les classes de troisième et quatrième années sont à leur tour concernées. Les cinquième et sixième années doivent disparaître du privé à la rentrée prochaine.

‎En Mauritanie, les autorités poursuivent leur politique visant à renforcer l’enseignement public, présenté comme gratuit, obligatoire, unificateur et inclusif. Dans ce cadre, le primaire privé est progressivement réduit. Pour cette rentrée 2026, les élèves des troisième et quatrième années ne pourront plus être scolarisés dans les établissements privés, après la suppression des deux premières années. ‎Le calendrier prévoit la disparition des cinquième et sixième années à partir de l’année prochaine. À terme, l’enseignement primaire devrait donc être entièrement transféré vers le secteur public.

‎Les écoles privées craignent pour leur avenir

‎Cette réforme provoque l’inquiétude des responsables d’établissements privés. À Nouakchott, Oumar Dia, directeur d’une école privée, estime que la nouvelle réglementation menace directement la survie de nombreux établissements. ‎« C’est une loi qui vise l’extinction complète du privé. Beaucoup d’écoles auront du mal à survivre », affirme-t-il. Selon lui, les enjeux dépasseraient le seul cadre pédagogique et seraient également liés à la politique linguistique du pays. ‎La réduction progressive du primaire privé fait également craindre des pertes d’emplois. Abdourahmane Diaby, enseignant dans le secteur privé, estime que la suppression de ces niveaux aura un impact important sur les personnels qui ne sont pas fonctionnaires. ‎La mesure devrait aussi peser sur les finances des établissements, le primaire constituant, selon les acteurs du secteur, une source importante de revenus pour de nombreuses écoles privées.

‎Un nombre limité d’écoles autorisées

‎Après l’entrée en vigueur de la réforme, seules 17 écoles privées reconnues par l’État sont habilitées à assurer l’enseignement primaire. Les établissements qui ne respecteraient pas la réglementation s’exposent à une conséquence majeure : les diplômes délivrés à leurs élèves ne seraient pas reconnus par le ministère de l’Éducation nationale.

redacteur3.0

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