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Romuald Wadagni ouvre une nouvelle ère au Bénin

‎Le Bénin a officiellement tourné une nouvelle page politique dimanche avec l’investiture de Romuald Wadagni à la présidence de la République. La cérémonie, organisée au palais présidentiel de Cotonou, s’est tenue en présence de représentants du Niger, du Burkina Faso et du Mali, dans un contexte marqué par une volonté affichée de décrispation diplomatique avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

‎Élu le mois dernier avec plus de 94 % des suffrages, Romuald Wadagni succède à Patrice Talon après dix années de pouvoir. L’ancien ministre béninois des Finances, qui fêtera ses 50 ans le mois prochain, entame un mandat de sept ans renouvelable. ‎Après sa proclamation officielle par le greffier en chef de la Cour constitutionnelle, le nouveau chef de l’État a prêté serment lors d’une cérémonie sobre, sans la présence de chefs d’État étrangers, conformément au format adopté lors des dernières investitures dans le pays. ‎Dans son premier discours en tant que président, Romuald Wadagni a rendu hommage à son prédécesseur avant de mettre l’accent sur les priorités économiques et sociales de son mandat. ‎« Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », a-t-il déclaré, promettant davantage d’opportunités pour la jeunesse béninoise. « Aux jeunes du Bénin qui refusent les fatalités anciennes et veulent réussir ici chez eux par leur travail, je veux dire ceci : le Bénin croit en vous et il vous donnera les chances de réussir », a-t-il ajouté.

‎Sur le plan sécuritaire, le nouveau président devra faire face à la menace persistante des groupes armés dans le nord du pays, où les attaques se multiplient ces dernières années. Romuald Wadagni a assuré que son gouvernement resterait « ferme face à tout ce qui menace la cohésion et la sécurité » du pays, tout en appelant à une coopération renforcée avec les États voisins. ‎L’un des temps forts de cette investiture a été la présence du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, chaleureusement applaudi par l’assistance. Le Burkina Faso et le Mali étaient également représentés par leurs ministres des Affaires étrangères. ‎Cette participation remarquée des pays de l’AES apparaît comme un signal d’apaisement après plusieurs mois de tensions diplomatiques entre le Bénin et ses voisins sahéliens, notamment le Niger, dont les autorités accusent régulièrement Cotonou de vouloir déstabiliser leur régime. L’arrivée de Romuald Wadagni au pouvoir pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase de dialogue régional, dans un contexte où les enjeux sécuritaires et économiques imposent une coopération plus étroite entre les États de la sous-région.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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