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‎Russie : Economie sous tension, PME et croissance en chute libre

La Russie revoit à la baisse ses perspectives de croissance pour 2026, désormais attendue à 0,4%, dans un contexte marqué par une pression fiscale accrue sur les PME, un ralentissement de la consommation et des perturbations numériques récurrentes. Sur le terrain, entreprises et travailleurs indépendants décrivent un climat économique de plus en plus difficile.

‎Une économie en ralentissement et des PME sous pression fiscale
‎‎Mardi 12 mai, les autorités russes ont revu leurs prévisions de croissance pour 2026 à la baisse, passant de 1,3% à 0,4%. Cette dégradation des perspectives intervient dans un contexte de fragilisation de l’activité économique, marqué par une baisse de la consommation des ménages et un recul des investissements. ‎Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement touchées depuis l’entrée en vigueur d’une réforme fiscale au 1er janvier, abaissant le seuil d’exonération de TVA de 60 à 20 millions de roubles de chiffre d’affaires. Selon plusieurs estimations, une entreprise sur dix pourrait être concernée. Dans le pays, qui compte environ 6,8 millions de PME, entre 250 000 et 350 000 structures risqueraient de mettre la clé sous la porte cette année.

‎Numérique perturbé et consommation en recul
‎Au-delà de la fiscalité, les perturbations du réseau internet aggravent les difficultés économiques. À Moscou et dans plusieurs régions, des coupures répétées affectent fortement les travailleurs dépendants du numérique. Enseignants en ligne, freelances et indépendants déclarent des pertes de revenus importantes, parfois jusqu’à 50% sur un mois. ‎Cette situation contribue à un climat de tension sociale et économique. Dans la capitale, la consommation recule nettement : baisse de fréquentation dans les grandes enseignes, fermeture de commerces et chute des ventes de produits saisonniers comme les articles de barbecue, en recul de 4 à 11% selon les catégories.

‎Un climat économique décrit comme « étouffant »
‎Dans ce contexte, de nombreux acteurs économiques évoquent une situation devenue difficilement soutenable. Entre hausse des coûts, baisse du pouvoir d’achat et incertitudes technologiques, le moral des ménages et des entrepreneurs s’érode. Plusieurs témoignages font état d’un sentiment d’anxiété et de désespoir face à la dégradation des conditions de travail et de vie.‎
‎Parallèlement, le déficit budgétaire russe a dépassé de 55% les prévisions annuelles en seulement quatre mois, atteignant environ 2,5% du PIB. Un déséquilibre qui alimente les inquiétudes sur la trajectoire économique du pays, alors que les signaux de ralentissement se multiplient, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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