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États-Unis : Gautam Adani accepte de payer une amende de 18 millions de dollars

Le milliardaire indien, fondateur du conglomérat Adani Group, a accepté de régler une amende sans reconnaître sa culpabilité dans une affaire de pots-de-vin qui l’oppose à la justice américaine depuis novembre 2024.

‎C’est un dénouement attendu pour l’une des affaires judiciaires les plus retentissantes du monde des affaires. Gautam Adani, 63 ans, figure parmi les plus grandes fortunes mondiales avec un patrimoine estimé à 82 milliards de dollars selon Forbes, a annoncé son intention de régler une amende aux autorités américaines pour clore les poursuites engagées contre lui. ‎Dans une lettre adressée à la Bourse de Bombay, le magnat indien a confirmé accepter de verser 6 millions de dollars, tandis que son neveu Sagar Adani, directeur d’Adani Green Energy LTD, s’acquittera de 12 millions supplémentaires — portant la facture totale à 18 millions de dollars. Le tout « sans reconnaître » mais sans « nier » les accusations formulées à leur encontre.

Une plainte pour 250 millions de pots-de-vin

‎L’affaire remonte au 20 novembre 2024, lorsque la SEC, le gendarme des marchés financiers américains, avait déposé plainte contre Gautam Adani. L’accusation était grave : le milliardaire aurait orchestré le versement de plus de 250 millions de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires indiens, dans le but d’obtenir des contrats lucratifs dans le secteur de l’énergie solaire, au détriment d’investisseurs américains. Pour faire face à ces accusations, Adani s’est entouré d’une nouvelle équipe juridique de haut vol, pilotée par Robert Giuffra, connu pour être l’un des avocats personnels de Donald Trump.

Un règlement qui ouvre des portes

‎Au-delà de l’aspect judiciaire, cet accord revêt une dimension stratégique majeure pour le groupe Adani. Le paiement de l’amende pourrait en effet permettre à l’empire commercial du milliardaire de faire son retour sur les marchés internationaux, et notamment de relancer des projets aux États-Unis, gelés depuis l’éclatement du scandale. ‎Le contexte politique joue également en sa faveur. Au lendemain de la réélection de Donald Trump, Gautam Adani avait publiquement félicité le président et s’était engagé à investir 10 milliards de dollars dans l’énergie et les infrastructures américaines, promettant par la même occasion la création de 15 000 emplois. Des engagements qu’il aurait réitérés devant les procureurs ces dernières semaines, selon le New York Times, afin de faciliter la résolution de l’affaire. ‎Si les juges acceptent le règlement, ce sera donc bien plus qu’une simple amende pour Gautam Adani : une porte de sortie judiciaire, et surtout, un passeport pour la reconquête des marchés mondiaux, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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