Human Rights Watch dénonce une offensive des autorités tunisiennes contre les organisations de la société civile. Dans un rapport publié ce mercredi 2 septembre 2026, l’ONG estime que les restrictions imposées depuis 2024 menacent l’espace civique né après la révolution de 2011.
Poursuites judiciaires, arrestations, détentions, enquêtes financières et pénales, suspensions d’associations ou encore menaces de dissolution. Les autorités tunisiennes disposent de plusieurs moyens pour entraver le travail des organisations de la société civile, dénonce Human Rights Watch (HRW) dans son dernier rapport.
Selon l’organisation, cette répression s’est intensifiée depuis 2024 et touche particulièrement les acteurs engagés dans la défense des droits humains, la lutte contre les discriminations et l’aide aux réfugiés. HRW cite notamment le cas de la militante antiraciste Saadia Mosbah, condamnée en mars dernier à huit ans de prison.
L’ONG fait également état d’enquêtes financières et pénales visant, depuis fin 2024, plus d’une dizaine d’associations, parmi lesquelles le bureau régional d’Amnesty International. Au moins 20 organisations auraient par ailleurs été suspendues depuis l’année dernière.
Pour Human Rights Watch, ces mesures portent un coup sévère à la société civile tunisienne, qui joue un rôle essentiel dans la défense des droits humains, la fourniture de services de base et le contrôle de l’action publique. L’organisation appelle ainsi les autorités tunisiennes à mettre fin aux restrictions visant la liberté d’association et à cesser de criminaliser les activités de la société civile. Elle exhorte également la communauté internationale à agir pour préserver l’espace civique encore disponible en Tunisie, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI