À Bamenda, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, la reprise des activités a été brutalement interrompue par une fusillade meurtrière. Trois personnes ont perdu la vie et quatre autres ont été blessées lundi 14 septembre 2026 dans un débit de boissons du quartier Nkwen, selon le bilan communiqué par les autorités locales.
Le préfet de la Mezam a qualifié les faits d’« incursion terroriste ». Les autorités n’ont toutefois pas encore communiqué l’identité des victimes ni précisé les circonstances exactes de l’attaque. Le drame est survenu alors que les habitants tentaient de reprendre leurs activités après plusieurs journées de ville morte imposées dans plusieurs secteurs de Bamenda.
La tension est rapidement remontée mardi 15 septembre. Des coups de feu ont été entendus dans plusieurs quartiers de la ville, quelques heures après la réouverture de certaines boutiques. Ces nouvelles détonations ont provoqué un mouvement de panique et poussé de nombreux habitants à limiter leurs déplacements. Aucun bilan humain n’a été communiqué concernant ces tirs.
Une ville toujours sous tension
Cette nouvelle séquence de violences intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le Nord-Ouest anglophone du Cameroun. Fin juillet, des acteurs de la société civile avaient déjà alerté sur la dégradation de la situation à Bamenda et dans ses environs. Fon Nsoh, coordinateur de l’organisation Cominsud, avait notamment évoqué la circulation des armes, les enlèvements, les extorsions et les règlements de comptes.
Ces alertes ne permettent cependant pas d’établir un lien direct entre les faits rapportés fin juillet et les événements des 14 et 15 septembre. Les circonstances précises des nouvelles violences, ainsi que les responsabilités, restent à établir. En deux jours, Bamenda a donc été confrontée à une attaque meurtrière suivie de nouveaux tirs. Dans cette ville régulièrement perturbée par les violences et les journées de ville morte, la reprise des activités reste fragile et marquée par une forte inquiétude parmi les habitants.
Norbert MEGAN YAOVI