La pression sur Gianni Infantino franchit un nouveau palier. Luis Figo, légende du football portugais et ancien Ballon d’Or, a publiquement exigé le départ du président de la FIFA, dans une tribune publiée ce mercredi dans le Daily Mail et relayée sur ses réseaux sociaux.
L’ancien capitaine de la Seleção ne mâche pas ses mots. Il affirme que Infantino a « débasé la fonction qu’il avait promis d’élever », l’accusant d’avoir menti et cherché à s’enrichir au détriment du jeu. Figo va plus loin dans sa tribune, jugeant qu’il s’agit du comportement le plus déloyal et intéressé qu’il ait jamais observé dans le football.
Le projet de vente de parts de la Coupe du Monde
Cette charge intervient après une tentative très contestée de Infantino de céder environ 20% des parts commerciales de la Coupe du Monde à des investisseurs privés, via une structure appelée FIFA Forward Enterprise. Le projet a provoqué un tollé général : trois confédérations continentales l’ont rejeté, l’UEFA a menacé de boycotter les compétitions FIFA, et jusqu’au directeur des opérations de la FIFA a exprimé des critiques internes. Face à cette fronde, Infantino a fini par retirer le projet samedi. Mais le mal semble déjà fait. Plusieurs fédérations nationales, dont le Pays de Galles, la Serbie et la Suède, ont depuis retiré leur soutien à sa candidature pour un nouveau mandat. Arsène Wenger, aujourd’hui responsable du développement du football mondial à la FIFA, a lui aussi pris ses distances avec la gestion du dossier.
Une réunion de crise à Rabat
Infantino tente actuellement de sauver sa position lors de discussions de crise organisées ce mercredi à Rabat, au Maroc, avec plusieurs cadres dirigeants de la FIFA, dont le secrétaire général Mattias Grafström. Figo, qui avait lui-même brigué la présidence de la FIFA en 2015 avant de se retirer et de soutenir Infantino, estime aujourd’hui que ce dernier a perdu la confiance de son entourage proche et d’une large partie du monde du football. Pour lui, la conclusion est sans appel : il est trop tard pour sauver la dignité d’Infantino, mais pas pour sauver le football — il doit partir maintenant.
Norbert MEGAN YAOVI