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‎Gouvernance du football : L’AFC, la Concacaf et l’UEFA mettent la FIFA sous pression

‎Dans une lettre conjointe publiée ce lundi 10 août 2026, les dirigeants de l’AFC, de la Concacaf et de l’UEFA dénoncent de graves manquements dans la gouvernance de la FIFA. Les trois confédérations réclament notamment un examen totalement indépendant des récentes décisions controversées prises au sein de l’instance mondiale.

‎La tension monte au sommet du football mondial. L’Asian Football Confederation (AFC), la Concacaf et l’Union européenne de football association (UEFA) ont décidé de prendre publiquement position sur la gouvernance de la FIFA. Dans une lettre ouverte adressée à l’ensemble de la « famille du football », les trois confédérations affirment agir au nom de l’intérêt collectif et de l’intégrité du jeu. ‎D’emblée, les signataires rappellent que le football « n’appartient à aucun individu ni à aucune institution ». Selon eux, son développement repose sur le travail collectif des joueurs, supporters, clubs, associations membres, confédérations et institutions internationales.

‎Une contestation qui dépasse la question financière

‎L’AFC, la Concacaf et l’UEFA tiennent à écarter toute interprétation financière de leur démarche. Elles assurent ne pas chercher à remettre en cause les ressources accordées aux associations membres ni les décisions prises ces dernières années concernant l’élargissement des compétitions et la répartition des places aux Coupes du Monde. ‎Les trois confédérations soulignent également que les progrès enregistrés au cours de la dernière décennie sont le résultat d’efforts collectifs et non de l’action d’un seul dirigeant. ‎Pour elles, le véritable enjeu est ailleurs : l’intégrité du football et celle de ses dirigeants.

‎La FIFA accusée d’un « échec de jugement »

‎Au cœur de la polémique figure une proposition élaborée dans un délai jugé particulièrement court et sans consultation suffisante des associations membres. Les trois confédérations estiment que cette procédure ne peut être réduite à un simple problème de communication. ‎La récente lettre de la FIFA reconnaissant des erreurs dans le processus est ainsi sévèrement critiquée. Pour l’AFC, la Concacaf et l’UEFA, il ne s’agit pas seulement d’un « échec de communication », mais d’un « échec de jugement ». ‎Les signataires reprochent notamment à la FIFA d’avoir tenté de faire avancer une proposition avant que les associations membres aient pu en examiner correctement les modalités. Ils dénoncent une démarche qui aurait, selon eux, limité les possibilités d’examen et de contrôle.

‎Un examen indépendant exigé

‎Autre point majeur de la lettre : la demande d’une enquête totalement indépendante. La FIFA avait annoncé son intention de présenter au Conseil de la FIFA un rapport complet sur les événements récents. ‎Pour les trois confédérations, cette solution n’est pas suffisante. Elles estiment qu’un examen portant sur une telle défaillance de gouvernance doit être confié à un tiers totalement indépendant, sans implication de l’administration de la FIFA, de ses employés ou d’autres acteurs directement concernés. ‎Elles demandent par ailleurs que tous les documents et dossiers pertinents soient préservés conformément aux instructions de l’UEFA relatives à la conservation des documents.

‎Le fonctionnement de la direction également critiqué

‎La lettre pointe également du doigt une récente réunion organisée au Maroc. Selon les signataires, un seul responsable élu était présent, tandis qu’aucun membre du Conseil de la FIFA ni aucune association membre n’avait été convié. ‎La réunion aurait ainsi rassemblé uniquement des hauts responsables employés par la FIFA. Les trois confédérations voient dans cette organisation un nouveau signe d’un fonctionnement qu’elles jugent préoccupant.
‎‎Elles dénoncent notamment le fait qu’une partie seulement du comité de direction ait été convoquée à l’étranger, au lieu que les responsables concernés se rendent à Zurich pour répondre directement aux préoccupations exprimées au sein de l’organisation.

‎« Le football mérite mieux »

‎Dans un ton particulièrement ferme, l’AFC, la Concacaf et l’UEFA estiment que les dirigeants du football doivent être des « gardiens » du jeu et non des responsables considérant que le football doit leur rendre des comptes. ‎« Il y a du silence là où il devrait y avoir de la responsabilité. De la distance là où il devrait y avoir de la transparence », dénoncent les signataires. ‎Salman Bin Ibrahim Al Khalifa pour l’AFC, Victor Montagliani pour la Concacaf et Aleksander Čeferin pour l’UEFA, accompagnés de leurs secrétaires généraux respectifs, appellent finalement à préserver l’unité du football mondial. ‎Derrière cette lettre ouverte se dessine ainsi une bataille de fond sur la gouvernance de l’instance mondiale. Pour les trois confédérations, le leadership doit rester une mission au service du football et non un instrument permettant de concentrer ou de conserver le pouvoir.

Norbert MEGAN YAOVI

redacteur3.0

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