Le roman C’était ça ou mourir de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a été retiré de la sélection du prix Goncourt, sur fond d’accusations de plagiat et de recours à l’intelligence artificielle. Salué par la critique et retenu dans la première sélection du prestigieux prix littéraire, l’ouvrage se retrouve au cœur d’une vive polémique.
L’Académie Goncourt a annoncé le retrait du roman, invoquant la nécessité de préserver « l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’Académie ». Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’institution explique que sa décision fait suite à la révélation de « plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps », ainsi qu’aux résultats concordants de plusieurs analyses menées par des chercheurs et des journalistes.
L’Académie affirme également vouloir adresser un message clair concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création littéraire. Elle précise ne pas vouloir « cautionner ni adouber d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Le roman, qui figurait parmi les ouvrages retenus pour le prestigieux prix dont la remise est prévue le 4 novembre, ne figurera donc plus dans la prochaine sélection. La deuxième liste des candidats doit être dévoilée le 6 octobre.
« Balance ton Claude » à l’origine de la polémique
Les accusations ont notamment été relayées par un compte anonyme du réseau social X, baptisé « Balance ton Claude ». Ouvert en juin 2026, ce compte affirme traquer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les romans, les publications sur les réseaux sociaux ou encore les textes parlementaires. Le compte est aujourd’hui attribué à Samuel Fitoussi, essayiste et chroniqueur au Figaro. Celui-ci affirme n’avoir eu « aucune volonté de nuire à l’auteur » et assure que ni les opinions politiques de Thélyson Orélien ni le thème de son ouvrage n’ont motivé ses démarches.
Selon Samuel Fitoussi, le roman a été soumis à des outils de détection de l’IA après plusieurs signalements d’internautes. Il présente son initiative comme une démarche visant à dénoncer l’usage de textes générés ou fortement assistés par l’intelligence artificielle dans la littérature. L’affaire suscite toutefois des interrogations sur l’identité de l’auteur du compte, son profil politique et la manière dont les accusations se sont rapidement propagées sur les réseaux sociaux. De son côté, Samuel Fitoussi estime que les principaux concernés sont les quelque 35 000 lecteurs du livre, qui, selon lui, auraient découvert après sa publication que leur expérience de lecture pouvait avoir été influencée par l’utilisation d’une intelligence artificielle.