Le Sénégal fait face à une épidémie de diphtérie qui s’étend désormais à 11 de ses 14 régions. Le bilan communiqué par les autorités sanitaires fait état de 76 cas confirmés et de neuf décès, tandis que 249 cas suspects ont été recensés.
Le premier cas a été détecté le 30 juillet 2026 dans la région de Kédougou, dans l’est du pays, à proximité de la frontière malienne. Cette situation alimente l’hypothèse d’une contamination transfrontalière. Depuis 2025, plusieurs pays voisins, notamment le Mali, la Mauritanie et la Guinée, sont également confrontés à des cas de diphtérie. La circulation de la maladie dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest pourrait avoir favorisé son introduction au Sénégal.
La vaccination au cœur de la riposte
Avec une couverture vaccinale estimée à 88 %, le Sénégal dispose d’un niveau de protection relativement élevé. Toutefois, la diphtérie, maladie infectieuse et contagieuse, reste particulièrement dangereuse pour les personnes non vaccinées, notamment les enfants. Les autorités sanitaires invitent donc la population à renforcer sa vigilance et à consulter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre ou de maux de gorge. Une prise en charge précoce permet notamment de réduire les risques de complications.
Après Kédougou, les régions de Dakar et de Thiès figurent parmi les principales zones touchées, notamment en raison de leur forte densité de population. « C’est un marathon sanitaire » qui s’engage, selon le Dr Jean-Pierre Diallo, chargé de coordonner la riposte contre la diphtérie au ministère de la Santé. La propagation de la maladie dans 11 régions place désormais les autorités sanitaires face à un important défi de surveillance, de vaccination et de prise en charge des cas.
Norbert MEGAN YAOVI