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Bangsamoro : Un scrutin historique endeuillé par les violences

‎La région autonome de Bangsamoro, dans le sud des Philippines, a organisé lundi 14 septembre ses premières élections parlementaires depuis son accession à l’autonomie en 2019. Plus de deux millions d’électeurs étaient appelés à désigner 80 parlementaires. Mais le scrutin a été marqué par des violences, dont une fusillade ayant fait trois morts et 15 blessés à Cotabato.

‎C’est une étape majeure dans le processus de paix engagé depuis plusieurs décennies aux Philippines. Pour la première fois depuis la création de la région autonome de Bangsamoro, les électeurs ont pu choisir leurs représentants au Parlement local. Treize formations politiques et près de 700 candidats étaient en lice pour les 80 sièges. ‎Les autorités électorales n’ont pas encore communiqué de taux de participation. Elles espéraient toutefois une mobilisation d’au moins 80 % des électeurs.

‎Trois morts à Cotabato

‎Le scrutin a néanmoins été assombri par des violences. À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote à Cotabato, capitale de la région autonome, une fusillade a fait trois morts et 15 blessés. ‎Selon le chef de la police locale, Jibin Bongcayao, l’incident aurait commencé par une dispute entre deux groupes au sujet de leur position dans une file d’attente devant une école transformée en bureau de vote. La querelle a dégénéré en affrontement avant que des coups de feu ne soient tirés dans une zone très fréquentée. ‎Plus de 20 000 membres des forces de sécurité avaient été mobilisés dans la région pour prévenir d’éventuels incidents.

‎Un processus de paix encore fragile

‎Ces violences rappellent les fragilités persistantes du processus de paix. La création de Bangsamoro est l’aboutissement de plusieurs décennies de conflit entre les autorités philippines et des mouvements séparatistes musulmans. L’accord conclu avec le Front islamique de libération moro (MILF) a ouvert la voie à la création de l’actuelle région autonome.‎‎Mais toutes les factions issues de cette mouvance n’ont pas rejoint le processus politique. Certaines continuent de contester l’autorité de Bangsamoro et du gouvernement philippin. ‎‎À ces tensions s’ajoutent les rivalités entre clans et les luttes d’influence locales, qui alimentent régulièrement les violences électorales dans le sud des Philippines. ‎Le scrutin constitue ainsi un test important pour la consolidation de la paix dans une région meurtrie par des décennies de conflit. Depuis les années 1970, les violences liées à l’insurrection séparatiste auraient fait environ 150 000 morts.

Norbert MEGAN YAOVI
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redacteur3.0

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