En Libye, des organisations de défense des droits humains dénoncent une recrudescence des extorsions visant les travailleurs migrants. Selon elles, des agents des services de sécurité et du ministère de l’Intérieur exigeraient régulièrement de l’argent à des étrangers pour éviter leur arrestation ou obtenir leur libération.
D’après les témoignages recueillis, le phénomène est particulièrement répandu à Tripoli, où des migrants sont interpellés quotidiennement sous divers prétextes, notamment un permis de séjour expiré ou des documents administratifs non renouvelés. Les sommes réclamées peuvent atteindre 500 dinars libyens, soit environ 70 euros, un montant souvent difficile à réunir pour ces travailleurs.
Tarik Lamloum, chercheur spécialisé dans les questions migratoires et directeur du Centre de Benghazi pour les migrants, estime que ces contrôles servent avant tout à extorquer de l’argent aux ressortissants étrangers plutôt qu’à faire respecter la législation.
Selon les associations, entre 60 et 150 migrants seraient arrêtés chaque jour dans le cadre de ce système, en place depuis plus d’un an. Certains responsables justifieraient ces pratiques par le manque de financement du ministère de l’Intérieur et l’irrégularité du paiement des salaires des agents de sécurité. Malgré les dénonciations, les ONG affirment que ces opérations se poursuivent en toute impunité, y compris contre des personnes qui ne sont pas encore employées mais cherchent simplement un travail, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI