À moins de cinq mois des premières élections prévues depuis l’indépendance du Soudan du Sud, les Nations unies mettent en garde contre une détérioration de la situation sécuritaire et politique. L’organisation estime que les conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin libre, crédible et inclusif sont encore loin d’être réunies.
La Commission mixte reconstituée de suivi et d’évaluation de l’accord de paix, ainsi que les organisations représentant les femmes sud-soudanaises, appellent à une mise en œuvre urgente des engagements prévus par l’accord de paix revitalisé afin d’éviter une nouvelle crise.
Parmi leurs principales recommandations figure le renforcement de la protection des civils dans le mandat de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), avec une attention particulière aux femmes et aux filles, particulièrement exposées aux violences sexuelles liées aux conflits.
Les acteurs internationaux plaident également pour la création rapide du tribunal hybride pour le Soudan du Sud, ainsi que de la Commission pour la vérité, la réconciliation et la guérison, deux mécanismes prévus par l’accord de paix mais toujours en attente de mise en place. Ils réclament en outre une participation accrue des femmes aux élections, aux réformes constitutionnelles et aux processus de justice transitionnelle, avec l’objectif de dépasser le seuil minimal de 35 % de représentation.
Enfin, l’ONU appelle le Conseil de sécurité à favoriser un dialogue politique inclusif entre les différentes parties et à envisager l’envoi d’une mission à Juba afin de renforcer la confiance et de créer les conditions d’élections crédibles prévues en décembre prochain.
Norbert MEGAN YAOVI